Christian Louis-Victor,président de l’Union des maisons françaises (UMF) : « s’ouvrir au monde de l’aménagement » et « proposer des maisons socialement responsables »

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Comment évolue le marché de la maison individuelle en ce début d’année ?

Les ventes de maisons en diffus, avec 99 000 unités en 2014, ont encore baissé de 4% l’an dernier, après avoir reculé de 19% en 2013 et de 16% en 2012, comme nous l’avons indiqué le 12 février dernier, lors de notre présentation de l’état du marché.  Sur les dix dernières années, elles ont chuté de 49% en passant de 194 00 à moins de 100 unités.

Nous considérons toutefois que nous avons atteint  » le fond de la piscine ». Les mois de janvier et de février ont été plutôt bons pour certains constructeurs et nous espérons que les ventes seront stables en 2015 ou en très légère progression, de l’ordre de 2% sur l’année. Il pourrait y avoir un effet de rattrapage de tous les ménages qui ont dû reporter leur acquisition, qui, selon nous, se fera surtout sur une offre de construction plus groupée, autour des agglomérations.(…)

Que feriez-vous su vous étiez nommé ministre du logement aujourd’hui ?

Il faut aller au-delà d’une vision  » court-termiste » électoraliste et revenir à une vraie vision stratégique pour le pays, à l’instar de ce qu’avait fait, à son époque, le général de Gaulle. Ce qui a fait la force de la politique, c’est qu’il y avait une vraie vision des grandes priorités et l’accession sociale à la propriété en était partie intégrante. Aujourd’hui il n’y a plus de continuité, ni de visibilité.D’abord, j’éviterai d’appliquer une politique du logement trop clivante comme celle qu’a appliquée Cécile Duflot.

Certaines dispositions de la loi Alur traduisent une bonne vision du monde du logement, mais l’utopie a été malheureusement le point fort de sa politique du logement, qu’elle a dû toutefois pratiquer dans un brouillard politique. (…)

Quelles seraient vos premières décisions pour le logement social ?

Je pense premièrement qu’il faut rester très vigilant sur le niveau qualitatif de la construction, mais qu’il faut aussi plus de souplesse dans la mise en oeuvre de tous les systèmes normatifs.

Il faut impérativement réaliser une photographie de normes essentielles et de celles qui sont accessoires. Aujourd’hui, les annonces sur les chocs de simplification ne sont pas toujours lisibles, et même nous, les professionnels, sommes dans le brouillard concernant l’application de l’ensemble de ces dispositifs.(….)

Quels sont vos projets professionnels et vos autres fonctions ?

Je suis président de l’Ecole Supérieure des Professions Immobilières, mon troisième mandat se terminant en décembre 2016.  Je poursuivrai le développement, en France et à l’international, de cette école, qui compte aujourd’hui plus de 1250 élèves, contre 450 il y a une dizaine d’années. ( …)

Quels conseils donneriez-vous à la personne qui vous succèdera à la présidence de l’UMF ?

Ecouter, anticiper et mobiliser.